Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 10:05

Anarmer se termine aujourd'hui. Des raisons personnelles m'incitent à fermer ce blog mais je n'ai aucune envie de cesser cette activité. Aussi, je vais créer, sur une autre plate forme, un nouvel espace pour y glisser à nouveau les pages de mes carnets.
Je vais, prochainement, vous faire parvenir par email cette nouvelle adresse. Pour ceux qui visitaient mes pages et dont j'ignore les coordonnées, vous pouvez me laisser votre adresse mail en commentaire ou...fouiller le babel oueb pour y retrouver ma prose.

Merci à toutes et à tous et à trés bientôt,

Olivier
Par olivier - Publié dans : journal
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 18:20
Par olivier - Publié dans : carnet de france - Communauté : Carnets-de-voyages
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 14:00
Par olivier - Publié dans : carnet de france - Communauté : Carnets-de-voyages
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /2009 19:48

Si, en Bretagne, nous parlons de quatre saisons par jour, tant la météo est changeante, en Méditerranée nous avons quatre vents par jour. Dans un article précédent, j'avais évoqué le caractère changeant des vents étésiens de cette année. Durant ce cabotage sur le rivage camargais, je l'ai vérifié in-situ.

La direction était vague, la durée accordée à ce cabotage était fixe, indépassable. Vers l'est, était notre but. Les vents allaient décider du reste.

Les vents marins sont régulièrement de mise cet été. Ces vents ont une fâcheuse tendance à lever la mer, lui offrir une houle courte de 0.5 à 1.5 mètres. Ces vents de secteur sud (SE ou SO) sont assez peu violents mais suffisent à créer une mer cabossée comme un chemin de vigne, où un voilier de peu de longueur à la flottaison comme Valentin brise sa vitesse, péniblement obtenue par force 2/3.

Alors, on s'adapte. On barre à la vague en tentant de gonfler les voiles et le cap se fait tout seul... et on prend ce qui vient pour faire escale. C'est ainsi qu'en choisissant l'est comme direction générale, la Camargue s'est imposée d'elle même.

Faut laisser faire un peu les choses, se laisser guider par les flots, le vent et faire confiance. Il faut rester vigilant, néanmoins, sur la bonne marche du voilier, savoir apprécier la situation météorologique, s'immiscer dans la complicité des éléments et réagir avec son instinct d'humain, découvrir que celui ci ne trahit pas s'il est en harmonie et en intelligence avec son environnement marin. A ce stade, le désagrément d'une route cabossée est vite compensé par la satisfaction d'être, pleinement, à sa place...

 

Le golfe d'Aigues Mortes est réputé pour sa multitude de vents locaux. Nous en avons testé quelques un. Un gros et violent grain orageux a bien failli nous surprendre. Palavas était dans l'étrave, fort heureusement et ce port sans charme fut un bon abri malgré bien des difficultés à pénétrer dans la passe, avec une mer creuse et un vent forcissant contre nous. L'appui du petit 6cv de Valentin fut tout juste suffisant... Les vents hiératiques et fantaisistes du golfe nous ont tout de même permis de jolies découvertes. Le Grau du Roi sera désormais classé, dans ma mémoire, dans ce que compte le golfe du Lion comme escales de charme, avec Collioure, La pointe Courte de Séte. Je reviendrai avec un article dédié, à ce port camargais.

 

Aigues Mortes, bien connue et appréciée, est toute fidèle à elle même. Petit joyau d'histoire, au faux air d'un Saint Malo méditerranéen,très fréquentée l'été, je vous la conseille comme escale de demi saison.

Excellente surprise nautique fut Port Camargue. Ici, pas de vieilles pierres, l'histoire a commencé il y a 40 ans et s'est faite sur les marécages. Ce qui fait toute la particularité de ce port est d'être entièrement tournée vers la mer et le nautisme. Arriver à Port Camargue à la voile est très étonnant. Un trafic incessant, de 7 heures du matin à plus de 22 heures le soir, encombre la passe et l'avant port. Tout ce qui flotte a rendez vous ici, du jet ski à la goélette, en passant par les modèles les plus récents de la voile sportive et d'immenses cabin-cruisers. Impressionnant. L'accueil est remarquable de la part de la capitainerie et commence dés l'avant port, qui, remarquant votre entrée timorée et hésitante, un employé de la capitainerie vous repère et vous guide depuis son zodiac. Celui ci vous amarre votre bateau avec autant d'aisance que de politesse. Je n'avais pas vu ça dans un tel port depuis la Corogne, en Galice. Port Camargue est très boisé, aux habitations basses réparties en îlots où les jardin servent d'appontement aux 4000 bateaux qui trouvent place dans ce port. Malgré cela, tout semble tranquille, à cent lieues de ce que l'on pourrait attendre d'une telle marina, surtout si l'on connait le Port des Minimes de La Rochelle et son ambiance « parking de carrefour »...

Port Camargue est port pilote pour le Languedoc de l'opération Ports Propres. La gestion y est exemplaire. C'est aussi un port, qui dans sa politique économique, privilégie les bateaux actifs plutôt que « les ventouses » qui encombrent nos pontons. Puissent, un jour, nos ports s'inspirer de telles initiatives.

 

Notre limite Est fut Port Gardian, aux Saintes Maries de la Mer. Vieux petit port encombré, où l'on s'amarre sur pendille, système d'amarrage que l'on ne rencontre qu'en Méditerranée. Il s'agit d'une grosse chaîne immergée parallèlement aux pontons (la chaîne mère) d'où partent, à distances égales correspondantes aux emplacements, des chaînes que l'on hisse au niveau de nos taquets, avant ou arrière (les chaînes filles). Taquets faiblards s'abstenir, tant la pression sur ceux ci est forte. L'idéal est de passer le bout permettant de remonter la chaîne fille, par le davier et de frapper à la bite de la plage avant. Quand c'est possible, bien entendu...

Les Saintes Maries sont bien connues pour les pèlerinages gitans. Ceux ci ont lieu au printemps et en automne. L'été, les saintes maries de la mer se transforment en foire à touriste de masse, où des gitans d'opérette caricaturent ce que le touriste vient chercher. Peu d'intérêt...

Je voulais reconnaître ce port car, depuis Agde, les Saintes sont la seule escale entre le golfe d'Aigues Mortes et l'embouchure du Rhône, sur la route menant à Marseille.

 

Nous revînmes d'une traite à Sète. Nous passâmes les ponts après une nuit très agitée par le passage des chalutiers, dans la zone d'accueil pour la plaisance. Mais Sète est si charmante...

 

Quelques heures d'amarrage à la pointe courte et nous traversâmes l'étang de Thau.

 

Fatigués et ravis, avec ce mal de terre qui rend le plancher des vaches anachronique et fiche une mélancolie toute bleue... Bleu comme ce royaume de mer et de vent qui nous a, une fois de plus si chaleureusement accueilli.

Par olivier - Publié dans : carnet maritime
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /2009 18:38

Une fois n'est pas coutume, voici deux textes d'autres auteurs que votre serviteur. Les thèmes et développements proposés dans ces lignes sont une réelle machine à penser, une intéressante base de réflexions à des alternatives sociales et ...maritimes, bien entendu. Bonne lecture et n'hésitez pas à me glisser vos commentaires si cela vous inspire. Personnellement, je vais revenir sur ces thèmes, dans mes prochains articles.

 

 

 

 

Pour arriver à leur but, qui est parfaitement déterminé, tous les chemins sont bons, et les bohèmes savent mettre à profit jusqu’aux accidents de la route. Pluie ou poussière, ombre ou soleil, rien n’arrête ces hardis aventuriers, dont tous les vices sont doublés d’une vertu. L’esprit toujours tenu en éveil par leur ambition, qui bat la charge devant eux et les pousse à l’assaut de l’avenir : sans relâche aux prises avec la nécessité, leur invention, qui marche toujours mèche allumée, fait sauter l’obstacle qu’à peine il les gêne. Leur existence de chaque jour est une œuvre de génie, un problème quotidien qu’ils parviennent toujours à résoudre à l’aide d’audacieuses mathématiques. Ces gens-là se feraient prêter de l’argent par Harpagon, et auraient trouvé des truffes sur le radeau de la Méduse. Au besoin ils savent aussi pratiquer l’abstinence avec toute la vertu d’un anachorète ; mais qu’il leur tombe un peu de fortune entre les mains, vous les voyez aussitôt cavalcader sur les plus ruineuses fantaisies, aimant les plus belles et les plus jeunes, buvant des meilleurs et des plus vieux, et ne trouvant jamais assez de fenêtres par où jeter leur argent. Puis, quand leur dernier écu est mort et enterré, ils recommencent à dîner à la table d’hôte du hasard où leur couvert est toujours mis, et, précédés d’une meute de ruses, braconnant dans toutes les industries qui se rattachent à l’art, chassent du matin au soir cet animal féroce qu’on appelle la pièce de cinq francs.

Les bohèmes savent tout, et vont partout, selon qu’ils ont des bottes vernies ou des bottes crevées. On les rencontre un jour accoudés à la cheminée d’un salon du monde, et le lendemain attablés sous les tonnelles des guinguettes dansantes. Ils ne sauraient faire dix pas sur le boulevard sans rencontrer un ami, et trente pas n’importe où sans rencontrer un créancier.

La Bohème parle entre elle un langage particulier, emprunté aux causeries de l’atelier, au jargon des coulisses et aux discussions des bureaux de rédaction. Tous les éclectismes de style se donnent rendez-vous dans cet idiome inouï, où les tournures apocalyptiques coudoient le coq-à-l’âne, où la rusticité du dicton populaire s’allie à des périodes extravagantes sorties du même moule où Cyrano coulait ses tirades matamores ; où le paradoxe, cet enfant gâté de la littérature moderne, traite la raison comme on traite Cassandre dans les pantomimes ; où l’ironie a la violence des acides les plus promps, et l’adresse de ces tireurs qui font mouche les yeux bandés ; argot intelligent quoique inintelligible pour tous ceux qui n’en ont pas la clef, et dont l’audace dépasse celle des langues les plus libres. Ce vocabulaire de bohème est l’enfer de la rhétorique et le paradis du néologisme.

Telle est, en résumé, cette vie de bohème, mal connue des puritains du monde, décriée par les puritains de l’art, insultée par toutes les médiocrités craintives et jalouses qui n’ont pas assez de clameurs, de mensonges et de calomnies pour étouffer les voix et les noms de ceux qui arrivent par ce vestibule de la renommée en attelant l’audace à leur talent.

Vie de patience et de courage, où l’on ne peut lutter que revêtu d’une forte cuirasse d’indifférence à l’épreuve des sots et des envieux, où l’on ne doit pas, si l’on ne veut trébucher en chemin, quitter un seul moment l’orgueil de soi-même, qui sert de bâton d’appui ; vie charmante et vie terrible, qui a ses victorieux et ses martyrs, et dans laquelle on ne doit entrer qu’en se résignant d’avance à subir l’impitoyable loi du vae victis.

Extrait de la préface de Scénes de la vie de bohème, par Henry Murger, 1848

 

 

 

Le voyage que nous entreprenions n'était ni une promenade de gens du monde,ni une expédition de savants, mais un pèlerinage d'artistes. Nous ne comptions ni brûler le grands chemins dans notre chaise de poste, ni nous enterrer dans les bibliothèques, mais aller partout où un point de vue pittoresque, un souvenir historique ou une tradition populaire nous appelleraient. En conséquence, nous nous mîmes en route sans itinéraire arrêté, nous en remettant au hasard et à notre bonne fortune du soin de nous conduire partout où il y aurait quelque chose à prendre, nous inquiétant peu des récoltes déjà faites par nos devanciers, certains que les hommes ne peuvent rentrer dans leurs granges tous les épis que Dieu sème, et convaincu qu'il n'y a pas de terre si bien moissonnée, qu'il n'y reste pour l'histoire, la poésie ou l'imagination une dernière gerbe à glaner.

 

Le Midi de la France, par Alexandre DUMAS

Par olivier - Publié dans : journal
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