Jeudi 25 juin 2009
 

Voilà. C'est fait, Valentin est au grau d'agde.

 

Je prévoyais ce déplacement le weekend dernier mais c'était sans compter sur une tramontane musclée qui a retardé le départ de quatre jours. Ce mercredi, le fenêtre météo était adaptée et nous avons pris la mer, Nolwenn et moi, en amoureux, sur Valentin.

 

De Saint Cyprien à Agde, la route est quasiment plein nord. Tenus de respecter la bande des six milles dans laquelle notre armement nous contraint, j'ai opté pour un cap à 15° avec, à hauteur de Gruissan, une trentaine de degrés dans l'Est pour bifurquer vers Agde en suivant le décrochement que la côte opère à partir du cap Leucate.

 

Je comptais sur un vent de secteur NO pour ce faire. Du genre fin de tramontane, celle ci étant angulée vers les 310°. Nous sommes effectivement partis avec ce type de vent mais très vite, vers Canet/Barcarés, après une triste pétole domptée par un coup de moteur, nous avons touché un vent de secteur NEE virant sur l'Est tout au long de la journée. Du bon plein, bâbord amure prévu nous avons donc, sur les caps prévus, navigué progressivement, du petit largue au portant, tribord amure, avec un vent médium assez constant d'une douzaine de nœuds.

 

La Méditerranée, de son bleu piscine estival, inondée de soleil, mais un peu creusée en fin de nav' (comme à chaque fois que le vent souffle d'Est) nous a dorloté durant ces douze heures de navigation, sous grand voile et génois à 110 %.

 

Valentin (un Sheriff dessiné par Philippe Harlé) est un bateau très marin, bien que manquant un peu de raideur à la toile comme me le laissait supposer son faible tirant d'eau (1m). Il a néanmoins un comportement très sain et s'avère très tolérant. La barre est un peu dure et comme tous les bateaux de cette époque (il est de 1969, comme Horace et moi !), influencés par l'ancienne jauge IOR, son maitre bau est très central et ça « guidonne » pas mal au portant. Ce type de voilier prend toute sa pertinence entre 100 et 60 degrés de vent. A ses allures, c'est délicieux...et rapide, car à dix nœuds de vent, Valentin filait à plus de 6 nœuds. Pour un petit voilier de six mètres, c'est pas mal du tout. D'autant plus que ses voiles ne datent pas d'hier et que nous n'avons pas « tiré dessus », comme on dit....

 

C'est une route sans soucis, par beau temps (avec ce type de voilier, je situe la limite agréable à 20 nœuds de vent) avec juste deux points où il faut être attentif. Au cap Leucate, le vent peut forcir et la mer se creuser d'avantage et, après ce cap, il faut veiller à ne pas perturber le trafic des cargos entrant à Port la Nouvelle (ils sont peu nombreux...). 45 milles de bonheur...

 

Si je prépare mes navigations à l'ancienne, (cartes papier, crayon, régle Cras et compas de relèvement...) j'ai également un gps à bord ainsi qu'un anémomètre à main, très utile. La vhf est allumée en permanence sur le 16 et la sécurité est à poste. Je soigne la préparation du bateau et reste prudent. Ce sont, je pense, les ingrédients d'une bonne navigation et d'un maximum de plaisir.

 

Bien des bateaux naviguent mal préparés et mal équipés avec des équipages nerveux et peu vigilant. Tant pis pour eux, ils se privent de cet immense privilège : être en harmonie avec les éléments et son voilier.

Par olivier - Publié dans : journal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 10 juin 2009
 

A la flottille s'ajoute une nouvelle unité. Un shériff, trouvé à Saint Cyprien, correspond parfaitement au projet Valentin. Dés le premier juillet, je vais pouvoir proposer à la location ce joli petit voilier, après l'avoir transformé en véritable nid d'amour et mis en conformité de navigation.

 

Regardez ce mignon plan Harlé dans l'album photo présent sur le blog.

 

Les élections européennes sont terminées et pour la première fois de ma vie, j'ai eu envie de voter et presque regretté de ne pas l'avoir fait. Je ne suis pas le seul, apparemment, puisque la liste Europe Écologie a séduit, à juste titre, bon nombre d'électeurs.

Puisse ce parti libertaire et écologiste, enterrer cette vieille gauche marxiste, étatique et bureaucratique qui pollue le progressisme par ses miasmes socio-démocrates depuis trop longtemps. Nous allons peut être et enfin, sortir de l'après guerre et ses logiques politiques sociales et nationales aberrantes.

 

Affaire à suivre mais l'accélération est donnée...

 

Je fais court aujourd'hui car je compte très bientôt mettre en ligne le trajet de Nesta vers marseillan et celui de Valentin vers agde. A bientôt

Par olivier - Publié dans : journal
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 6 mai 2009
 

Selon les philosophes, l'amitié est ce sentiment que nous éprouvons à la fréquentation d'une personne, lorsque cette fréquentation nous donne l'impression d'un supplément d'être, de mieux être, face à l'existence. En somme, un ami nous permet de vivre mieux, en plus grande confiance avec nous même.

Selon Eric Tabarly, le voilier est le moyen le plus lent, le plus inconfortable, pour aller d'un endroit où l'on est bien à un endroit où l'on a rien à faire. Je pense que ce marin avait parfaitement raison.

 

Si j'évoque ces notions, c'est bien entendu pour expliquer, une fois de plus, pourquoi j'ai un voilier et de quelle manière j'en envisage l'utilisation, ce qu'est le rapport entre cette machine complexe et moi même, machine humaine complexe également.

 

La pratique du bateau à voile se range dans notre société civilisée et bourgeoise, dans la catégorie des loisirs nautiques. La pratique du nautisme, selon toutes les enquêtes (nombreuses) à caractère sociologique, est réservée à la classe moyenne; cadres, professions libérales, entrepreneurs. Après toutes ces années à traîner les pontons je l'ai toujours constaté. A part dans le créneau pêche promenade, peu de plaisanciers d'extraction modeste.

 

Les classes moyennes, très affairées à la marche économique de notre société, ont peu le loisir d'utiliser leur voilier, souvent très bien équipé néanmoins. Depuis quelques années, traîne dans les capitainerie la fourchette de 4 à 10 jours de sortie par an pour ces unités... Le reste du temps, ces voiliers tirent sur leurs amarres.

Certains de ces cadres ont néanmoins la chance, ou l'opportunité, de retrouver plus régulièrement leur bateau. Alors, l'espace d'un week end, sitôt libéré de leur camp de travail, ils partent soulager leur stress et leur hargneuse frustration dans le premier coup de vent venu, tirant sur la barre d'un fougueux près serré, expiant ainsi, dans ces sensations fortes que procure cette allure, l'humeur accumulée dans le rythme violent du labeur. Chaque week end, ils sont quelques uns, très repérables, au ponton comme sur l'eau, à la pointe de l'équipement, excités et nerveux, en régate ou en simple sortie à la journée mais toujours pour en découdre sur l'eau... avec eux même.

 

Ce sont les mêmes, qui la semaine, mènent tambour battant leur voiture de tourisme sur les routes, doublant à coups de klaxon et d'insultes, comme s'il s'agissait d'un circuit et de bolides taillés pour la compétition automobile.

 

Ne voyez pas dans mes propos une espèce de critique creuse ou de jalousie masquée. Si je déplore certains comportements terrestres ou maritimes, je les estime totalement inhérents à notre société.

Et si personnellement, j'ai toujours agi pour éviter la conformité sociale et ses dégâts collatéraux sur mon existence, je confesse en toute honnêteté, avoir bien malgré moi des comportements, parfois, de cet acabit lorsque je me relâche, lâchement...

 

Je n'ai pas un voilier pour quelques heures, pour me vider de mon stress et de ma violence. Stress et violence, je veux les évacuer bien avant de grimper sur le pont de mon bateau.

Appareiller calmement, avec gourmandise et élégance.

Avec un compagnon comme le bateau à voile, il convient d'apprécier la lenteur, d'en profiter même, d'en faire une complice de découverte, de soi et de son environnement. L'inconfort devient un atout pour se connaître physiquement, mentalement. Peu à peu, dans cette rythmique mer-voilier, dans ces calculs combinatoires de caps et de vitesses, dans les caresses du vent et les réveils vivifiants des embruns, cet endroit d'où l'on vient nous l'appréhendons bien différemment et celui, vague, où l'on va n'a que peu d'importance hormis pour la navigation. Des points sur la carte...

Tout l'intérêt est dans la durée qui sépare ces deux points. Tout est là; ce que l'on cherche consciemment ou non, ce que l'on trouve, ce dont on va se souvenir, la raison pour laquelle nous sommes en mer, sur ce voilier, et celle pour laquelle nous allons recommencer. Tout est là et plus encore.

 

Car si l'on oublie l'heure et le lieu du retour, ou si cela est très loin devant, alors vraiment, cette pratique maritime nous emplit d'harmonie et d'un véritable bonheur qui arrache des larmes pures. Naviguer à la voile demande d'indispensables vertus, généralement enfouies en nous. Trouver ce point d'équilibre entre la machine et l'élément magnifie ces vertus. Mener un voilier fait partie de ces rares expériences qui ne se vivent que par la beauté. La beauté du geste, la beauté de l'esprit, la beauté des lignes d'une carène et de ses plans porteurs, la beauté d'une nature sauvage et puissante. Nous menons un voilier, qui nous mène vers le Beau ...

 

Là est la seule et unique chose que je recherche.

Par olivier - Publié dans : journal
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 16 avril 2009
 

Si je cumule les deux périodes, celle de Nesta et celle d'Horace, c'est quatre mois de chantier. Quatre mois à meuler, poncer, stratifier, peindre, visser et devisser... Quatre mois d'hiver, où travailler en plein air est laborieux. Quatre mois qui s'achévent peu à peu pour laisser place aux mois gracieux des navigations ensoleillées. Les mois de la récompense des efforts fournis. Souhaitons qu'il en soit ainsi...

 

Ces long mois de chantier et les résultats obtenus ont pû aboutir grâce aux volontés et motivations d'une jeune femme qui partage ma vie depuis dix mois, à présent, et qui a oeuvré avec courage et passion à mes côtés. Ces travaux, qui ont abouti à la renaissance de ces deux bateaux, nous ont permi de mieux nous connaître et de nous apprendre, comme peu d'expériences peuvent le permettre.

Puissent d'autres voiliers nous unir encore...

 

Horace sera à nouveau dans son élément vers la fin du mois. Les derniers travaux, sur le lest, sont sérieux et vont prendre un peu plus de temps que prévu. On sait quand on commence, on sait pas quand on fini....

 

Il est temps. Ma motivation technique diminue tandis que mes envies de naviguer augmentent. Le retour du soleil et des jolies brises n'arrangent rien.

 

Rappel pour les amateurs de voile : Horace est un valeureux sangria de 40 ans (l'age du capitaine...). Gréé en sloop, c'est un courageux et tolérant caboteur semi hauturier aussi adapté à la croisière et aux vagabondages qu'il ne l'est absolument pas pour la course et la vitesse. Un voilier a mener calmement, amicalement, en soignant la météo pour lui éviter les sensations (trop) fortes...

 

Son intérieur est volontairement spartiate, afin qu'il puisse s'adapter au nombre de personne à bord (pas plus de quatre, trois c'est pas mal dans un 26 pieds) et à leurs activités. J'envisage Horace comme une sorte de petit atelier d'artiste-bricoleur flottant, où se mêlent clés à molette, tubes d'acrylique, pinceaux et compas à pointes sèches. Les cartes marines jouxtent le carnet de dessin, la revue technique. Prés du GPS cohabitent Berlioz et Thélonius Monk et l'appareil photo...

 

Je vais soigner son plan de pont pour que chacun puisse participer facilement à la manoeuvre.

 

N'hésitez pas à vous laisser tenter d'embarquer. Je ne demande pas d'argent, juste de la bonne humeur, du savoir vivre, et le goût de partager tout cela....

 

A bientôt

Par olivier - Publié dans : chantier
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 22 mars 2009
 

Fichtre. Le temps passe à vive allure lorsque je travaille sur horace.


Qu'est ce que j'apprends? Alain Bashung est mort? Et Sardou est toujours vivant? Si Dieu existe, j'espere qu'il a une bonne excuse.


Je vous propose mon hommage perso, en écoute sur le blog (qui fera plaisir à Dieu, ce facétieux, justement)


Horace en est à sa dernière phase de travaux à terre. Son nouvel aileron de safran est posé et bien fixé. Son mat est révisé, peint et correctement équipé. Sa coque est peinte, rebouchée et contrôlée. Reste le lest à déposer la prochaine semaine. Je suis à la bourre sur les délais, bien entendu. Le temps est magnifique, en ce début de printemps et j'ai hâte d'être sur l'eau. Une petite bande de voileux comence à se former autour d'horace et les projets se dessinent. Des virées à plusieurs, des chantiers environnement se préparent, des croisières côtiéres également ainsi qu'une route vers l'Italie pour la fin de l'été. Ca devient très exitant.


Les Valentins doivent se réaliser impérativement. Ce projet de location de croiseurs côtiers va me permettre une autonomie économique m'évitant l'esclavage moderne du salariat.


Plus de deux millions de personnes dans la rue pour exiger la liberation de Julien COUPAT et pour protester contre l'invisibilité de l'art et pour réhabiliter un anarcho-situationisme nécessaire pour dessiner les beaux lendemains de l'aprés déprimante social-démocratie...

Comment? C'était pas pour ça, tous ces gens dans la rue? C'était pour la poursuite de l'esclavage, du pouvoir (d'achat)? Quelle horreur! J'ai bien fait de rester au chantier avec mon vieux compagnon à voile.


Bashung est parti mais les hirondelles sont revenues. Elles retrouvent leur logement d'été, sous la génoise de la maison d'en face. Agréables voisins.


Avec la saison de voile qui s'annonce, les projets divers et les équipiers d'horace, ce blog où tout le monde va transiter va s'étoffer et décoller un peu plus. Je sélectionne quelques beaux sites à visiter à la voile, de ces sites que préserve le conservatoire du littoral. De jolies photos en perspective...


Je m'impatiente mais nous sommes encore tôt dans la saison et avril peut réserver quelques mauvaises surprises météorologiques. Chaque chose en son temps et veillons à ne pas se précipiter.


En méditerranée, le rythme est d'en faire peu mais tout le temps... Et ça marche. C'est peu rentable, au sens nordiste du terme mais hautement satisfaisant et sans effet secondaire sur la santé. Cela permet également d'avoir des activités différentes dans une journée, avec cette impression d'avoir vécu en double. A pas sûr, à pas lent...


Peu de lecture cet hiver, avec mes histoires de bateaux. J'ai pu, néanmoins, gouter à quelques petites choses qui me trottaient dans le crâne depuis longtemps et c'est avec une envie gourmande que j'ai hâte de m'en repaitre, dés cet été sur horace. Au programme, TOUT Garcia Marquez et TOUT Thélonius Monk. De bons moments sur l'eau, vous dis- je....!


Mais avant tous ces délices estivaux quelques réglages encore. Mais mon copain le soleil est là pour m'encourager, panser mes douleurs et me guider vers cette pensée de midi, chère à Nietzsche et Camus. Les équipiers de ce frêle esquif qu'est mon existence...

Par olivier - Publié dans : journal
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander

Présentation

En avant la zizique...

Créer un Blog

Recherche

notes et textes courts

les coffres

Texte Libre

la politique est par excellence le domaine du conformisme, des contraintes collectives, des mensonges de groupe, de la duperie mutuelle entre associés, bref de tous les procédés d'illusionisme social qui sont de rigueur dans une société organisée.

Georges PALANTE, l'antinomie politique in L'individualisme Aristocratique

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus