Jeudi 30 juillet 2009

Suis je plus vigilant cette année? Plus regardant, à ces phénomènes?

 

Il me semble pourtant que le régime des vents,cet été, est particulièrement versatile et délicat à anticiper. Je ne me suis pas encore penché sur les cartes isobariques que me propose Ugrib mais, au jour le jour, la variabilité des vents est déconcertante.

 

Depuis juin, une chaleur s'est installée durablement. Notre littoral reste exposé, comme à l'accoutumée, à un noroit que l'on nomme ici la Tramontane, et à son pendant, Le Marin, venant du sud est. C'est l'alternance, la violence caractérielle de ces vents qui est assez exceptionnelle cette année.

 

Le vent de la mer, le sud-est, est gras, lourd, envahissant. Il exhale comme l'haleine d'un vieux mataf, puant l'algue et la vase. Ce vent couvre nos têtes, nous alourdit de son humidité, nous poisse de ses nébulosités, nous étouffe par ses brumes crépusculaires. Il nous plonge dans des paysages équatoriaux, asiatiques. Nos râles exténués sont calfeutrés par l'épaisseur des ces nuages bas et agglutinés, comme collés ensembles, comme sortis d'une bouffarde d'écume, poussés vers le ciel, par le souffle d'un vieil édenté et moqueur...La mer est secouée, cabossée, déformée. La méditerranée a des vagues sous les yeux, le teint sombre et huileux, la langue épaisse et chargée.

 

A contrario, comme pour rivaliser, la tramontane est forte, brûlante et asséche toute la plaine sur son furieux parcours. Telle une déesse de la guerre et de la chasse, une Diane ou une Minerve, la Tramontane ratisse et pille, incendie sans pitié. Elle rabaisse la méditerranée, l'humilie presque, la toise et la dompte. Ce combat de femmes est rageur, hurlant.

 

La balade de Valentin, ce mois d'aout, s'annonce passionnante à gérer. Ce cap vers l'Est, dans ces conditions de vents, me paraît le plus raisonnable. La route sera parfaitement à mon goût. Aventure, complexité, intuition, précision, plaisir seront au rendez vous, je pense.

Par olivier - Publié dans : journal
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Mardi 21 juillet 2009
 

Nous repartons donc plus forts.

 

Nous repartons autrement, après de nécessaires explications. Naïf celui qui pense que l'amour se suffit à lui même... Les considérations sociales, culturelles et économiques sont et restent primordiales dans le couple. Denis de Rougemont a eu beau m'expliquer tout cela, comment le concept d'amour est arrivé et pourquoi, dans nos sociétés, je reste d'une naïveté et d'un romantisme aussi obsolète que ridicule.

 

Quand vais je comprendre que l'amour courtois de nos chers troubadours ne fut qu'un effet de style? Quand vais je comprendre que les gentilshommes, fussent ils de fortune, ne sont plus que des allocataires de prestations solidaires, que les poètes sont moqués, que les artistes sont de tristes et impécunieux intermittents d'un spectacle sans fin, que la bohème rime avec SDF...? Quand vais je comprendre?

 

Plus d'un bourgeois, progressiste ou conservateur (il n'y a même plus de différence...) va se trouver consterné devant de telles interrogations (si tant est qu'ils lisent ces lignes... )

 

La géographie est morte. L'histoire n'en a peut être plus pour très longtemps et nous faisons de la philosophie des magazines et des articles pour illustrer les programmes télévisuels. N'importe quel ivrogne rotant deux mots à peine drôles, avachi à un comptoir, aura l'éclat d'un aristote pour son auditoire inculte et grégaire.

 

Nous repartons, donc. Nos sentiments sont comme de vieilles lames, émoussées par les reproches, les regrets et rancœurs. Nous les estimons néanmoins capables de trancher encore de nombreux lendemains. Nous verrons si nos corps fatigués sont capables de nouveaux abordages.

 

L'équipage, bien que divisé est de nouveau sur le pont. L'ordre de la bataille est différent. La nouveauté excite tout le monde mais manque toujours l'appel, cet ingrédient de choix; le vent des rêves en commun, ce vent portant qui guide les amoureux depuis que l'amour existe....

Par olivier - Publié dans : journal
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Mardi 14 juillet 2009
 

Dans quelques milles, l'âge du capitaine va entrer dans les quarantièmes.

 

Ca s'organise à bord, pour ces mers difficiles.

 

Comble de malchance, mon fidèle second décide de quitter le bord. En désaccord avec le cap, avec ces mers houleuses qui m'attendent à présent. Peut être.

Ce n'est pas la première fois que je me retrouve seul à bord de ma vie, mais le navire prend de l'age et la fatigue traine sur le pont, plus souvent qu'à son tour. La lassitude est régulièrement de quart. Le doute se répand sur les cartes et les instruments. La bannette est froide et humide comme la mort.

 

Je vais dorénavant manœuvrer seul ma barque. Je préfère, bien sûr, un débarquement volontaire que forcé, ou, pire encore, une vie à la mer. Perdre son second n'est pas pour autant une mince affaire. C'est une déception très lourde à gérer, une tristesse handicapante pour la bonne marche du navire. C'est un lest supplémentaire à la carène de mon âme.

 

 

Mais le cap reste le même, à quelques nécessaires détails prêts. Seul, je ne peux conserver la même allure. Je vais donc momentanément devoir bifurquer, virer, abattre un peu plus. Réduire un peu la toile, redresser l'assiette, ralentir... Et me préparer aux quarantièmes en solo. Après une remise en forme obligatoire car les derniers mois furent éprouvant. Mon corps fut négligé, parfois moqué et ce n'est pas sans séquelles au moral que j'attaque le solo.

 

Quadra dispo mais quelques travaux à prévoir...

Par olivier - Publié dans : journal
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Jeudi 25 juin 2009
 

Voilà. C'est fait, Valentin est au grau d'agde.

 

Je prévoyais ce déplacement le weekend dernier mais c'était sans compter sur une tramontane musclée qui a retardé le départ de quatre jours. Ce mercredi, le fenêtre météo était adaptée et nous avons pris la mer, Nolwenn et moi, en amoureux, sur Valentin.

 

De Saint Cyprien à Agde, la route est quasiment plein nord. Tenus de respecter la bande des six milles dans laquelle notre armement nous contraint, j'ai opté pour un cap à 15° avec, à hauteur de Gruissan, une trentaine de degrés dans l'Est pour bifurquer vers Agde en suivant le décrochement que la côte opère à partir du cap Leucate.

 

Je comptais sur un vent de secteur NO pour ce faire. Du genre fin de tramontane, celle ci étant angulée vers les 310°. Nous sommes effectivement partis avec ce type de vent mais très vite, vers Canet/Barcarés, après une triste pétole domptée par un coup de moteur, nous avons touché un vent de secteur NEE virant sur l'Est tout au long de la journée. Du bon plein, bâbord amure prévu nous avons donc, sur les caps prévus, navigué progressivement, du petit largue au portant, tribord amure, avec un vent médium assez constant d'une douzaine de nœuds.

 

La Méditerranée, de son bleu piscine estival, inondée de soleil, mais un peu creusée en fin de nav' (comme à chaque fois que le vent souffle d'Est) nous a dorloté durant ces douze heures de navigation, sous grand voile et génois à 110 %.

 

Valentin (un Sheriff dessiné par Philippe Harlé) est un bateau très marin, bien que manquant un peu de raideur à la toile comme me le laissait supposer son faible tirant d'eau (1m). Il a néanmoins un comportement très sain et s'avère très tolérant. La barre est un peu dure et comme tous les bateaux de cette époque (il est de 1969, comme Horace et moi !), influencés par l'ancienne jauge IOR, son maitre bau est très central et ça « guidonne » pas mal au portant. Ce type de voilier prend toute sa pertinence entre 100 et 60 degrés de vent. A ses allures, c'est délicieux...et rapide, car à dix nœuds de vent, Valentin filait à plus de 6 nœuds. Pour un petit voilier de six mètres, c'est pas mal du tout. D'autant plus que ses voiles ne datent pas d'hier et que nous n'avons pas « tiré dessus », comme on dit....

 

C'est une route sans soucis, par beau temps (avec ce type de voilier, je situe la limite agréable à 20 nœuds de vent) avec juste deux points où il faut être attentif. Au cap Leucate, le vent peut forcir et la mer se creuser d'avantage et, après ce cap, il faut veiller à ne pas perturber le trafic des cargos entrant à Port la Nouvelle (ils sont peu nombreux...). 45 milles de bonheur...

 

Si je prépare mes navigations à l'ancienne, (cartes papier, crayon, régle Cras et compas de relèvement...) j'ai également un gps à bord ainsi qu'un anémomètre à main, très utile. La vhf est allumée en permanence sur le 16 et la sécurité est à poste. Je soigne la préparation du bateau et reste prudent. Ce sont, je pense, les ingrédients d'une bonne navigation et d'un maximum de plaisir.

 

Bien des bateaux naviguent mal préparés et mal équipés avec des équipages nerveux et peu vigilant. Tant pis pour eux, ils se privent de cet immense privilège : être en harmonie avec les éléments et son voilier.

Par olivier - Publié dans : carnet maritime
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Mercredi 10 juin 2009
 

A la flottille s'ajoute une nouvelle unité. Un shériff, trouvé à Saint Cyprien, correspond parfaitement au projet Valentin. Dés le premier juillet, je vais pouvoir proposer à la location ce joli petit voilier, après l'avoir transformé en véritable nid d'amour et mis en conformité de navigation.

 

Regardez ce mignon plan Harlé dans l'album photo présent sur le blog.

 

Les élections européennes sont terminées et pour la première fois de ma vie, j'ai eu envie de voter et presque regretté de ne pas l'avoir fait. Je ne suis pas le seul, apparemment, puisque la liste Europe Écologie a séduit, à juste titre, bon nombre d'électeurs.

Puisse ce parti libertaire et écologiste, enterrer cette vieille gauche marxiste, étatique et bureaucratique qui pollue le progressisme par ses miasmes socio-démocrates depuis trop longtemps. Nous allons peut être et enfin, sortir de l'après guerre et ses logiques politiques sociales et nationales aberrantes.

 

Affaire à suivre mais l'accélération est donnée...

 

Je fais court aujourd'hui car je compte très bientôt mettre en ligne le trajet de Nesta vers marseillan et celui de Valentin vers agde. A bientôt

Par olivier - Publié dans : journal
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