Suis je plus vigilant cette année? Plus regardant, à ces phénomènes?
Il me semble pourtant que le régime des vents,cet été, est particulièrement versatile et délicat à anticiper. Je ne me suis pas encore penché sur les cartes isobariques que me propose Ugrib mais, au jour le jour, la variabilité des vents est déconcertante.
Depuis juin, une chaleur s'est installée durablement. Notre littoral reste exposé, comme à l'accoutumée, à un noroit que l'on nomme ici la Tramontane, et à son pendant, Le Marin, venant du sud est. C'est l'alternance, la violence caractérielle de ces vents qui est assez exceptionnelle cette année.
Le vent de la mer, le sud-est, est gras, lourd, envahissant. Il exhale comme l'haleine d'un vieux mataf, puant l'algue et la vase. Ce vent couvre nos têtes, nous alourdit de son humidité, nous poisse de ses nébulosités, nous étouffe par ses brumes crépusculaires. Il nous plonge dans des paysages équatoriaux, asiatiques. Nos râles exténués sont calfeutrés par l'épaisseur des ces nuages bas et agglutinés, comme collés ensembles, comme sortis d'une bouffarde d'écume, poussés vers le ciel, par le souffle d'un vieil édenté et moqueur...La mer est secouée, cabossée, déformée. La méditerranée a des vagues sous les yeux, le teint sombre et huileux, la langue épaisse et chargée.
A contrario, comme pour rivaliser, la tramontane est forte, brûlante et asséche toute la plaine sur son furieux parcours. Telle une déesse de la guerre et de la chasse, une Diane ou une Minerve, la Tramontane ratisse et pille, incendie sans pitié. Elle rabaisse la méditerranée, l'humilie presque, la toise et la dompte. Ce combat de femmes est rageur, hurlant.
La balade de Valentin, ce mois d'aout, s'annonce passionnante à gérer. Ce cap vers l'Est, dans ces conditions de vents, me paraît le plus raisonnable. La route sera parfaitement à mon goût.
Aventure, complexité, intuition, précision, plaisir seront au rendez vous, je pense.



