L'idéal républicain, aux parfums de liberté, d'égalité et de fraternité, a depuis l'antiquité (et peut être avant cette période) inspiré le rêve de la société idéale.
A la chute de l'ancien régime, les rêveurs ont cru leur moment historique arrivé. Hélas, si les têtes couronnées de nos monarques avaient bel et bien chu, les nouvelles figures des nouveaux propriétaires issus de la bourgeoisie du tiers état, dénaturaient déjà, selon de vieilles et tristes recettes, la nouvelle république.
Les rêveurs se devaient d'inventer et de retrousser leurs manches. C'est à cette période que trois types de rêveurs se sont progressivement scindés en des voies bien différentes.
Comme dans un western spaghetti bien connu, de Sergio Leone, nous avons vu arriver le Bon, la Brute et le Truand.
Le Bon fut ce rêveur qui souhaitait rester au plus près des valeurs libertaires, égalitaires et fraternelles d'une république composée d'hommes et de femmes libres, autonomes, responsables et joyeux, organisée le plus simplement possible pour permettre l'épanouissement de l'individualité et de ses potentiels, si longtemps étouffés par de soi disant dominants, manipulateurs. Les Bons existent encore. Comme le chantait Ferré : « y en a pas un pour cent, pourtant ils existent... », vous connaissez la chanson...
La Brute fut celui qui voulu imposer à l'injustice de la propriété individuelle, la propriété collective et la collectivisation de la vie de chacun. Ainsi encadrée, l'égalité forcée des individus contraints par de multiples interdits, sous le jugement immédiat de l'organe central (dirigé par les « éclairés », garant des valeurs et veillant à leur stricte application) se propose comme la fin de toutes turpitudes intellectuelles et inventives car l'Organisation Suprême est indépassable... « du passé faisons table rase, l'internationale ... »Vous connaissez la chanson...
Le Truand fut celui qui n'avait pas assez d'idées pour suivre le Bon et pas assez de cran pour adhérer à la violence de la Brute. Le Truand s'est vu amené à chercher des compromis, à sympathiser et à négocier avec l'organisation parlementariste bourgeoise qui se mettait en place au XIXe siècle. Le Truand ménage la chèvre et le chou, s'assoie entre deux chaises « et sa veste craque de tous côtés... » Vous connaissez la chanson...
Vous avez reconnu dans les rôles principaux:
Le Bon : la gauche libertaire et anarchiste
La Brute : les différentes chapelles communistes
Le Truand : le socialisme parlementaire, ex-SFIO, ou actuellement Parti Socialiste.
Si tu es venu pour m'aider, tu perds ton temps. Mais si tu es venu parce que tu penses que ta libération est liée à la mienne, alors travaillons ensemble.
Lisa WATSON, aborigène d'Australie