journal

Mercredi 16 septembre 2009

Anarmer se termine aujourd'hui. Des raisons personnelles m'incitent à fermer ce blog mais je n'ai aucune envie de cesser cette activité. Aussi, je vais créer, sur une autre plate forme, un nouvel espace pour y glisser à nouveau les pages de mes carnets.
Je vais, prochainement, vous faire parvenir par email cette nouvelle adresse. Pour ceux qui visitaient mes pages et dont j'ignore les coordonnées, vous pouvez me laisser votre adresse mail en commentaire ou...fouiller le babel oueb pour y retrouver ma prose.

Merci à toutes et à tous et à trés bientôt,

Olivier
Par olivier
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Dimanche 2 août 2009

Une fois n'est pas coutume, voici deux textes d'autres auteurs que votre serviteur. Les thèmes et développements proposés dans ces lignes sont une réelle machine à penser, une intéressante base de réflexions à des alternatives sociales et ...maritimes, bien entendu. Bonne lecture et n'hésitez pas à me glisser vos commentaires si cela vous inspire. Personnellement, je vais revenir sur ces thèmes, dans mes prochains articles.

 

 

 

 

Pour arriver à leur but, qui est parfaitement déterminé, tous les chemins sont bons, et les bohèmes savent mettre à profit jusqu’aux accidents de la route. Pluie ou poussière, ombre ou soleil, rien n’arrête ces hardis aventuriers, dont tous les vices sont doublés d’une vertu. L’esprit toujours tenu en éveil par leur ambition, qui bat la charge devant eux et les pousse à l’assaut de l’avenir : sans relâche aux prises avec la nécessité, leur invention, qui marche toujours mèche allumée, fait sauter l’obstacle qu’à peine il les gêne. Leur existence de chaque jour est une œuvre de génie, un problème quotidien qu’ils parviennent toujours à résoudre à l’aide d’audacieuses mathématiques. Ces gens-là se feraient prêter de l’argent par Harpagon, et auraient trouvé des truffes sur le radeau de la Méduse. Au besoin ils savent aussi pratiquer l’abstinence avec toute la vertu d’un anachorète ; mais qu’il leur tombe un peu de fortune entre les mains, vous les voyez aussitôt cavalcader sur les plus ruineuses fantaisies, aimant les plus belles et les plus jeunes, buvant des meilleurs et des plus vieux, et ne trouvant jamais assez de fenêtres par où jeter leur argent. Puis, quand leur dernier écu est mort et enterré, ils recommencent à dîner à la table d’hôte du hasard où leur couvert est toujours mis, et, précédés d’une meute de ruses, braconnant dans toutes les industries qui se rattachent à l’art, chassent du matin au soir cet animal féroce qu’on appelle la pièce de cinq francs.

Les bohèmes savent tout, et vont partout, selon qu’ils ont des bottes vernies ou des bottes crevées. On les rencontre un jour accoudés à la cheminée d’un salon du monde, et le lendemain attablés sous les tonnelles des guinguettes dansantes. Ils ne sauraient faire dix pas sur le boulevard sans rencontrer un ami, et trente pas n’importe où sans rencontrer un créancier.

La Bohème parle entre elle un langage particulier, emprunté aux causeries de l’atelier, au jargon des coulisses et aux discussions des bureaux de rédaction. Tous les éclectismes de style se donnent rendez-vous dans cet idiome inouï, où les tournures apocalyptiques coudoient le coq-à-l’âne, où la rusticité du dicton populaire s’allie à des périodes extravagantes sorties du même moule où Cyrano coulait ses tirades matamores ; où le paradoxe, cet enfant gâté de la littérature moderne, traite la raison comme on traite Cassandre dans les pantomimes ; où l’ironie a la violence des acides les plus promps, et l’adresse de ces tireurs qui font mouche les yeux bandés ; argot intelligent quoique inintelligible pour tous ceux qui n’en ont pas la clef, et dont l’audace dépasse celle des langues les plus libres. Ce vocabulaire de bohème est l’enfer de la rhétorique et le paradis du néologisme.

Telle est, en résumé, cette vie de bohème, mal connue des puritains du monde, décriée par les puritains de l’art, insultée par toutes les médiocrités craintives et jalouses qui n’ont pas assez de clameurs, de mensonges et de calomnies pour étouffer les voix et les noms de ceux qui arrivent par ce vestibule de la renommée en attelant l’audace à leur talent.

Vie de patience et de courage, où l’on ne peut lutter que revêtu d’une forte cuirasse d’indifférence à l’épreuve des sots et des envieux, où l’on ne doit pas, si l’on ne veut trébucher en chemin, quitter un seul moment l’orgueil de soi-même, qui sert de bâton d’appui ; vie charmante et vie terrible, qui a ses victorieux et ses martyrs, et dans laquelle on ne doit entrer qu’en se résignant d’avance à subir l’impitoyable loi du vae victis.

Extrait de la préface de Scénes de la vie de bohème, par Henry Murger, 1848

 

 

 

Le voyage que nous entreprenions n'était ni une promenade de gens du monde,ni une expédition de savants, mais un pèlerinage d'artistes. Nous ne comptions ni brûler le grands chemins dans notre chaise de poste, ni nous enterrer dans les bibliothèques, mais aller partout où un point de vue pittoresque, un souvenir historique ou une tradition populaire nous appelleraient. En conséquence, nous nous mîmes en route sans itinéraire arrêté, nous en remettant au hasard et à notre bonne fortune du soin de nous conduire partout où il y aurait quelque chose à prendre, nous inquiétant peu des récoltes déjà faites par nos devanciers, certains que les hommes ne peuvent rentrer dans leurs granges tous les épis que Dieu sème, et convaincu qu'il n'y a pas de terre si bien moissonnée, qu'il n'y reste pour l'histoire, la poésie ou l'imagination une dernière gerbe à glaner.

 

Le Midi de la France, par Alexandre DUMAS

Par olivier
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Jeudi 30 juillet 2009

Suis je plus vigilant cette année? Plus regardant, à ces phénomènes?

 

Il me semble pourtant que le régime des vents,cet été, est particulièrement versatile et délicat à anticiper. Je ne me suis pas encore penché sur les cartes isobariques que me propose Ugrib mais, au jour le jour, la variabilité des vents est déconcertante.

 

Depuis juin, une chaleur s'est installée durablement. Notre littoral reste exposé, comme à l'accoutumée, à un noroit que l'on nomme ici la Tramontane, et à son pendant, Le Marin, venant du sud est. C'est l'alternance, la violence caractérielle de ces vents qui est assez exceptionnelle cette année.

 

Le vent de la mer, le sud-est, est gras, lourd, envahissant. Il exhale comme l'haleine d'un vieux mataf, puant l'algue et la vase. Ce vent couvre nos têtes, nous alourdit de son humidité, nous poisse de ses nébulosités, nous étouffe par ses brumes crépusculaires. Il nous plonge dans des paysages équatoriaux, asiatiques. Nos râles exténués sont calfeutrés par l'épaisseur des ces nuages bas et agglutinés, comme collés ensembles, comme sortis d'une bouffarde d'écume, poussés vers le ciel, par le souffle d'un vieil édenté et moqueur...La mer est secouée, cabossée, déformée. La méditerranée a des vagues sous les yeux, le teint sombre et huileux, la langue épaisse et chargée.

 

A contrario, comme pour rivaliser, la tramontane est forte, brûlante et asséche toute la plaine sur son furieux parcours. Telle une déesse de la guerre et de la chasse, une Diane ou une Minerve, la Tramontane ratisse et pille, incendie sans pitié. Elle rabaisse la méditerranée, l'humilie presque, la toise et la dompte. Ce combat de femmes est rageur, hurlant.

 

La balade de Valentin, ce mois d'aout, s'annonce passionnante à gérer. Ce cap vers l'Est, dans ces conditions de vents, me paraît le plus raisonnable. La route sera parfaitement à mon goût. Aventure, complexité, intuition, précision, plaisir seront au rendez vous, je pense.

Par olivier
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Mardi 21 juillet 2009
 

Nous repartons donc plus forts.

 

Nous repartons autrement, après de nécessaires explications. Naïf celui qui pense que l'amour se suffit à lui même... Les considérations sociales, culturelles et économiques sont et restent primordiales dans le couple. Denis de Rougemont a eu beau m'expliquer tout cela, comment le concept d'amour est arrivé et pourquoi, dans nos sociétés, je reste d'une naïveté et d'un romantisme aussi obsolète que ridicule.

 

Quand vais je comprendre que l'amour courtois de nos chers troubadours ne fut qu'un effet de style? Quand vais je comprendre que les gentilshommes, fussent ils de fortune, ne sont plus que des allocataires de prestations solidaires, que les poètes sont moqués, que les artistes sont de tristes et impécunieux intermittents d'un spectacle sans fin, que la bohème rime avec SDF...? Quand vais je comprendre?

 

Plus d'un bourgeois, progressiste ou conservateur (il n'y a même plus de différence...) va se trouver consterné devant de telles interrogations (si tant est qu'ils lisent ces lignes... )

 

La géographie est morte. L'histoire n'en a peut être plus pour très longtemps et nous faisons de la philosophie des magazines et des articles pour illustrer les programmes télévisuels. N'importe quel ivrogne rotant deux mots à peine drôles, avachi à un comptoir, aura l'éclat d'un aristote pour son auditoire inculte et grégaire.

 

Nous repartons, donc. Nos sentiments sont comme de vieilles lames, émoussées par les reproches, les regrets et rancœurs. Nous les estimons néanmoins capables de trancher encore de nombreux lendemains. Nous verrons si nos corps fatigués sont capables de nouveaux abordages.

 

L'équipage, bien que divisé est de nouveau sur le pont. L'ordre de la bataille est différent. La nouveauté excite tout le monde mais manque toujours l'appel, cet ingrédient de choix; le vent des rêves en commun, ce vent portant qui guide les amoureux depuis que l'amour existe....

Par olivier
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Mardi 14 juillet 2009
 

Dans quelques milles, l'âge du capitaine va entrer dans les quarantièmes.

 

Ca s'organise à bord, pour ces mers difficiles.

 

Comble de malchance, mon fidèle second décide de quitter le bord. En désaccord avec le cap, avec ces mers houleuses qui m'attendent à présent. Peut être.

Ce n'est pas la première fois que je me retrouve seul à bord de ma vie, mais le navire prend de l'age et la fatigue traine sur le pont, plus souvent qu'à son tour. La lassitude est régulièrement de quart. Le doute se répand sur les cartes et les instruments. La bannette est froide et humide comme la mort.

 

Je vais dorénavant manœuvrer seul ma barque. Je préfère, bien sûr, un débarquement volontaire que forcé, ou, pire encore, une vie à la mer. Perdre son second n'est pas pour autant une mince affaire. C'est une déception très lourde à gérer, une tristesse handicapante pour la bonne marche du navire. C'est un lest supplémentaire à la carène de mon âme.

 

 

Mais le cap reste le même, à quelques nécessaires détails prêts. Seul, je ne peux conserver la même allure. Je vais donc momentanément devoir bifurquer, virer, abattre un peu plus. Réduire un peu la toile, redresser l'assiette, ralentir... Et me préparer aux quarantièmes en solo. Après une remise en forme obligatoire car les derniers mois furent éprouvant. Mon corps fut négligé, parfois moqué et ce n'est pas sans séquelles au moral que j'attaque le solo.

 

Quadra dispo mais quelques travaux à prévoir...

Par olivier
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